samedi 7 mars 2026

n°1447 : La rafle du Vel d'Hiv

 

La rafle du Vel d'Hiv ++++ (n°20 303)

Le 2 février 2026, j'ai fini de lire le livre de Laurent JOLY, La rafle du Vel d'Hiv, Champ Histoire, 2023, Edition originale, Grasset, 2022.

Ce que j'ai aimé :

1°) C'est un ouvrage précis et documenté avec des sources et des références précises.

2°) Le livre permet de suivre le destin tragique de personnes qui en différents endroits du département de la Seine ont subi l'horreur de la rafle.

3°) L'ouvrage montre de manière très précise comment c'est la police française (et notamment la police municipale de Paris) qui se sont intégralement chargés des arrestations appliquées les 16 et 17 juillet 1942.

4°) Il est intéressant de noter qu'en mai 1940, le Vel d'Hiv avait servi de lieu d'internement pour les Allemands résidents à Paris.

5°) Je ne savais pas que les bureaux de bienfaisance parisiens avaient réussi jusqu'à la fin de la guerre à attribuer des aides pour toutes les personnes, y compris les Juifs, qui étaient dans le besoin car des membres de leur famille étaient internés.  "Les bureaux de bienfaisance parisiens sont restés hermétiques à la logique de la traque antisémite".

6°) On se rend compte de l'importance qu'ont pu jouer les commissaires d'arrondissement. Par exemple dans le 2e arrondissement Roger Jehann est passé la veille de la rafle passer dans les familles juives pour les prévenir et les inciter à quitter leur domicile. Au contraire, les commissaires de certains arrondissements ont demandé à leurs fonctionnaires de faire du zèle  et les  ont autorisé à défoncer les portes des appartements (ce qui n'était pas initialement prévu).

7°) L'auteur montre que la rafle est en partie un échec puisque sur le nombre total de personnes juives qui devaient être arrêtées dans le département de la Seine, le taux d'arrestation n'ait "que" de 30 à 35% (avec de fortes variations d'un arrondissement et d'une commune à l'autre).

Ce que j'ai moins aimé :

1°) J'ai eu beaucoup de mal à m'endormir pendant toute la période pendant laquelle j'ai lu ce livre. 

vendredi 27 février 2026

n°1446 : La Villa Médicis à Rome

 

La Villa Médicis à Rome +++I (n°20 295)

Il aura fallu attendre mon 4e séjour à Rome, pour que je me dise qu'il était inconcevable de ne pas avoir visité la Villa Médicis à Rome. C'est ce que j'ai donc pu faire pour la 1ère fois le 22 février 2026.

Ce que j'ai aimé :

1°) Le site est superbe. Les jardins sont très agréable et on a une superbe vue sur Rome.

2°) La façade côté jardin est impressionnante avec des vestiges prélevés sur différents sites antiques, notamment l'Aria Pacis d'Auguste.

3°) Les Français peuvent se sentir un peu "à la maison" puisque la Villa accueille l'école française de Rome.

4°) Dans les jardins, on peut visiter le superbe décor de la stanza degli Ucelli, créée pour Ferdinand de Médicis dans les années 1570/1580. Une sorte de petit pavillon à l'écart avec de splendides fresques. Une petite merveille.

Ce que j'ai moins aimé :

1°) A l'intérieur de la villa elle-même, les trois salles que l'on peut voir sont beaucoup moins enthousiasmantes.

2°) J'ai suivi une visite (en anglais). Je crois que je n'avais jamais vu une guide aussi peu enthousiasmée par ce qu'elle présentait au public avec un air incroyablement blasé.

 



Stanza degli Ucelli du pavillon de Ferdinand de Mécis



mardi 24 février 2026

n°1445 : Exposition "Bernini e Barberini" au Museo Barberini de Rome

 

Exposition Bernini e Barberini ++++ (n°20 292)

Le 22 février 2026, je suis allé voir l'exposition "Bernini e Barberini" au musée Bernini à Rome.

Ce que j'ai aimé :

1°) L'exposition montre bien combien l'élection du pape Urbain VIII Barberini en 1623 a été une chance pour Gian-Lorenzo Bernini qui n'avait alors que 25 ans mais a bénéficié de la faveur du nouveau pape.

2°) L'exposition montre bien aussi à quel point Gian-Lorenzo a surpassé son père, Pietro Barberini (1562-1629) avec lequel il a collaboré dans un premier temps.

3°) L'exposition évoque aussi le scandale de 1638 quand Gian-Lorenzo se retrouve en prison après avoir tenté d'assassiner son frère qui avait eu les faveurs de sa maîtresse.

4°) On peut voir plusieurs oeuvres qui viennent de France, notamment un saint Sébastien qui se trouve à l'église de Jouy-en-Josas dans les Yvelines.

5°) On peut voir les esquisses du superbe baldaquin de Saint-Pierre de Rome.

6°) On peut voir une assez amusante profusion de bustes du pape Urbain VIII Barberini.

 Ce que j'ai moins aimé :

1°) L'exposition ne comporte que six salles. Je m'attendais à voir beaucoup plus d’œuvres. Ce n'est pas du tout une rétrospective de l'oeuvre du Bernin mais elle est vraiment centrée - comme son titre l'indique - sur la période du pontificat d'Urbain VIII.

Pietro Bernini, Enfant avec un dragon, 1617 (Getty Museum, Los Angeles)

 
Pietro Bernini et Gian-Lorenzo Bernini, Les quatre saisons, 1619-1620, Collection privée.

Gian-Lorenzo Bernini, Saint Laiuent, 1616-1617, Galerie des Offices, Florence (avec à l'arrière-plan deux Saint Sébastien).

Trois des bustes du pape Urbain VIII présentés à l'exposition.

Gian-Lorenzo Bernini, Buste de Thomas Baker, 1637-1638, Victoria and Albert Museum, Londres.

Gian-Lorenzo Bernini, Auto-portrait en jeune homme, vers 1623, Galerie Borghese, Rome.


jeudi 19 février 2026

n°1444 : Nuremberg

 

Nuremberg +++ (n°20 287)

Le 19 février 2026, je suis allé voir le film Nuremberg.

Ce que j'ai aimé :

1°) C'est un film très intéressant pour comprendre le contexte historique et juridique du procès de Nuremberg lors duquel les hauts dirigeants nazis ont été jugés à la fin de la 2nde guerre mondiale.

2°) Russel Crowe est très bien dans le rôle de Goering.

3°) Historiquement le film tient bien la route. La scène dans les ruines du site où les membres du parti nazi se réunissaient pour leur congrès annuel est très réussie.

4°) Lors du procès, certaines images d'archives permettent d'avoir une idée de ce qui s'est produit dans les camps nazis.

5°) Le film nous interpelle car il pose la question relative au fait que le chemin vers le nazisme n'est pas réservé à l'Allemagne. 

Ce que j'ai un peu moins aimé :

1°) J'ai moins accroché avec le personnage du psychiatre interprété par Rami Malek. Il y a quelque chose qui ne fait pas naturel dans ce personnage.

2°) Je ne trouve pas non plus crédible le moment de récit du sergent Howie Triest. Le gars est sensé s'etre réfugié d'Allemagne en 1940 et en 1945 il parle un anglais sans aucun accent allemand. En plus comme il est britannique, il n'a pas trop l'accent américain.  

3°) J'ai eu du mal à avoir de la compassion pour la femme de Göring.  

 

dimanche 25 janvier 2026

n°1443 : Les noyés des bords de Marne

  

Les Noyés des bords de Marne +++I (n°20 262)

 Le 21 janvier 2026, j'ai fini de lire le livre de Philippe GRANDCOING, Les noyés des bords de Marne, Vents d'Histoire, 2025, édition originale 2024.

Ce que j'ai aimé :

1°) C'est le 6e volet des enquêtes d'Hippolyte Salvignac. J'avais aimé le 4e volet, La Conspiration hongroise,  mais je l'avais trouvé un peu monotone (article du 9 juillet 2025) et je n'avais pas été complétement enthousiasmé par le 3e volet "Tuer est un art" (article du 9 novembre 2024) et le 2e volet "Le faubourg des diaboliques"( article du 28 août 2024). Je n'avais pas du tout aimé le 5e volet "La malédiction de Rocalbes" (article du 4 août 2025). En ce qui concerne le 6e épisode, j'ai retrouvé le plaisir que j'avais eu pour la 1ère enquête, Le Tigre et les pilleurs de Dieu (article du 16 juin 2024).

2°) L'enquête est intéressante. Elle porte sur l'art mais de manière marginale avec la question de l'origine d'un reliquaire byzantin. L'important est que le récit nous replonge dans les tensions entre la France et l'Allemagne au moment de la crise d'Agadir en 1911 sur le fond de rivalité entre Joseph Caillaux et Georges Clemenceau. C'est vraiment très réussi.

3°) Le récit se passe dans des lieux que je connais bien, la rue vieille-du-Temple dans le 4e arrondissement et les bords de Marne à La Varenne et à Champigny.

4°)  Dans cet épisode, on n'a pas droit à de longues pages sur les gaudrioles d'Hippolyte Salvignac. Sa relation avec sa compagne, Léopoldine, est beaucoup plus apaisée et j'avoue que cela n m'a pas manqué.

5°) J'aime beaucoup la couverture : une oeuvre de Victor Gilbert (1847-1933) qui a pour titre Elégante sur le quai de Seine. Comme assez souvent avec cette série, il n'y a pas un grand rapport entre la couverture et le récit mais celle-ci est vraiment très belle.

6°) Le récit commence par la mort de Maurice Berteaux (1852-1911). J'ignorais que ce ministre de la Guerre était mort de manière terrible : un avion s'est écrasé au départ d'une course Paris-Madrid. Le genre d'incident qui paraitrait improbable s'il ne s'était pas vraiment produit. 

Ce que j'ai moins aimé :

1°) Philippe Grandcoing continue d'écrire à plusieurs reprise que quand on sort de la rue Vieille-du-Temple par le sud, on arrive rue du Faubourg-Saint-Antoine. C'est agaçant. La rue du Veille du Temple est perpendiculaire avec la rue de Rivoli et quand on continuer vers l'Est, on arrive, au niveau de l'église Saint-Paul-Saint-Louis, dans la rue Saint-Antoine. Le faubourg Saint-Antoine est située beaucoup plus à l'Est, après la place de la Bastille dans le 12e arrondissement. 

dimanche 4 janvier 2026

n°1442 : Brève histoire des empires

 

Brève histoire des empires ++ (n°20 241)

Le 1er janvier 2026, j'ai fini de lire le livre de Gabriel MARTINEZ-GROS, Brève histoire des empires, Point Seuil, 2016, 1ère édition Seuil, 2014.

Ce que j'ai aimé :  

1°) Ce livre tente une approche comparative d'un thème qui m'intéresse particulièrement : les empires. En 2007, j'avais lu le livre de Stepen Howe, Empire (article du 9 décembre 2007) et en 2013 le passionnant ouvrage de John DARWIN, the rise and fall of global empires (article du 3 février 2013). Ce livre permet de s'intéresser à quelques grandes empires : l'empire romain, l'empire chinois (sous différentes dynasties), l'empire arabo-musulman, l'empire ottoman, l'empire Mongol, l'empire Moghol, l'empire de la compagnie des indes britanniques. Il y a une démarche comparative intéressante.

2°) L'auteur s'appuie sur un modèle : celui du penseur arabe Ibn Khaldûn (1332-1406) d'après lequel les empires créent des espaces pacifiés et finissent par tomber sous le joug de peuples périphériques restés violents  avec pour dynamique l'asabiya, un esprit de corps qui donne une unité à ces peuples nouveaux.

3°) Il y a des éclairages intéressants sur l'importance des masses démographiques, notamment concernant le poids de l'empire romain la Chine, l'Inde dans la part de la population mondiale. 

Ce que je n'ai pas aimé :

1°) Ce livre est complètement désorganisé. On passe sans cesse d'une aire géographique à une autre sans carte, sans explication, sans chronologie. Cela rend la lecture de ce livre vraiment indigeste. Surtout pour des personnes qui n'auraient aucune connaissance historique. 

2°) Je trouve intéressant de reprendre un modèle qui donne à l'histoire une forme de logique. Cela à quelque chose de la dialectique hégélienne mais je trouve cela un peu réducteur.