Un bloc notes créé en janvier 2006 à vocation d'abord personnelle. Si cela en intéresse d'autres tant mieux sinon... tant pis !

samedi 6 mars 2010

n° 609 : China through the lens of John Thomson (1868-1872)

Les ruines de Saint-Paul à Macao (1870)

China through the lens of John Thomson +++ (N°14 469)

Le 23 février au musée maritime de Liverpool j'ai vu l'exposition China throuth the lens of John Thomson.

Ce que j'aimé :

1°) On peut voir de magnifiques paysages de la Chine des Qing à une époque où la Chine était encore assez fermée sur elle-même (le sac du palais d'Eté de Pékin en 1860 a obligé la Chine à s'ouvrir quelques années plus tôt...).

2°) Les tirages sont vraiment très beau et on a beaucoup de plaisir à parcourir les salles où sont situées les photographies.

Ce que j'ai moins aimé :

1°) J'aurais aimé une carte pour connaître le parcours précis de Mr Thomson et savoir ce qu'il venait faire en Chine.

2°) Il y a beaucoup de photographies de personnages et c'est un peu lassant à force !

vendredi 5 mars 2010

n° 608 : Agora

Agora + (N° 14 568)

Le 5 mars 2010, je suis allé voir le film Agora.

Ce que j'ai aimé :

1°) Le film m'a fait découvrir l'histoire de la philosophe Hypathie.

Ce que j'ai moins aimé :

1°) C'est en grande partie de l'Histoire fiction. Les luttes d'influence entre les différents courants du christianisme en Orient, notamment le monophysisme ne sont même pas évoqués alors qu'ils ont joué un rôle central dans les radicalités qu'a connu Alexandrie.

2°) Le film peut laisser croire que beaucoup de femmes ont pu être philosophe avant la mise en place du christianisme comme religion officielle. Je ne suis pas sûr que cela aurait été beaucoup plus toléré les siècles qui précèdent... Rappelons quand même que par exemple Socrate a été condamné à mort par les citoyens d'Athènes... 400 ans avant la naissance de Jésus.

3°) Le film est hyper simplificateur pour expliquer l'émergence du christianisme sous une forme hyper violente et hyper agressive. C'est comme si pour faire un reportage sur l'Islam dans 1000 ans on ne montrait que les talibans qui ont dynamité il y a quelques années des statues gigantesques du Bouddha.

4°) Les reconstitutions d'Alexandrie sont pour le moins abracadabrantes. On notera que les pseudo vu aériennes de l'époque nous montre une Egypte avec un canal de Suez déjà en place !

5°) je suis allé voir au cinéma le plus proche de chez moi et malheureusement le film était en V.F.

jeudi 4 mars 2010

n° 607 : Exposition Paul Delaroche

The execution of Lady Jane Grey (1833)
Paul Delaroche +++ (N°14 467)

Le 24 février à Londres, j'ai vu l'exposition consacrée à Paul Delaroche à la National Gallery de Londres : Painting History and Lady Jane Grey.

Ce que j'ai aimé :

1°) C'est par hasard que je suis allé voir cette exposition. En effet, de passage à Londres et à la National Gallery, j'ai vu qu'une exposition était consacrée à ce peintre peu connu qu'est Paul Delaroche (1797-1856). Je me suis intéressé à lui car il fait partie des personnages qui sont représentés en statue sur l'Hôtel de Ville de Paris. (article de L'Indépendant du 4e du 13 juillet 2009).

2°) L'exposition m'a permis de voir un tableau assez célèbre qui se trouve à Nîmes normalement : Cromwell devant le cadavre de Charles Ier.

3°) Au moment où j'ai vu cette exposition, je lisais la biographie consacrée à Elizabeth Ière (voir mon article du 2 mars 2010). Le tableau représentant l'exécution de Jane Grey (au tout début du règne de Marie Tudor la 1/2 soeur d'Elizabeth) ne m'a pas laissé indifférent.

4°) On se rend compte à quel point, Delaroche s'est intéressé à l'histoire de l'Angleterre. On peut aussi voir jusqu'au 21 mai à la National Gallery un tableau qui vient d'être retrouvé et qui représente Charles Ier humilié par les soldats de Cromwell.

5°) L'exposition montre donc que ce peintre devenu presqu'inconnu en France est plus célèbre de l'autre côté de la Manche.

6°) Le hasard a voulu que je visite cette exposition le 1er jour de son ouverture... On peut la voir jusqu'au 23 mai 2010.

Ce que j'ai moins aimé :

1°) Il est vrai que le style "pompier" des peintures de Paul Delaroche n'a rien de très enthousiasmant d'un point de vue artistique...

2°) Delaroche est aussi un peintre de la "légende napoléonienne" mais ce n'est pas du tout évoqué par l'exposition...

mercredi 3 mars 2010

n° 606 : Invictus

Invictus ++++ (N°14 466)

Le 3 mars 2010, je suis allé voir le film Invictus. Je suis content de l'avoir vu car cela fait de nombreuses semaines qu'il est sorti. Il aurait été dommage de râter cela !

Ce que j'ai beaucoup aimé :

1°) Voilà un film qui redonne la pêche et redonne confiance dans le genre humain... Ce n'est pas tous les jours.

2°) Le message de Mandela est un message de pardon dont beaucoup devrait bien de s'inspirer. On est loin des objurgations à la repentance imposée aux uns et aux autres... envers les uns et les autres. Le film montre que la fibre nationale est un élément important pour réussir à parvenir au "bien vivre ensemble". Il montre aussi combien le sport peut être utilisé à des fins politiques.

3°) Morgan Freeman est absoument épatant (comme souvent d'ailleurs).

4°) J'ai presque vu tous les films de Clint Eastwood. Voilà un réalisateur et un acteur qui a longtemps été décrié par les pseudos intellectuels. Ses films sont pourtant un hommage à l'Humanité.

5°) Le film laisse comprendre que Mandela n'a pas une vie privée simple et facile mais qu'il se transcende dans son rôle d'Homme d'Etat.

6°) Moi qui ai pratiqué le rugby en 1990-1991 me voilà content de voir un film qui fait la promotion de ce sport beaucoup moins valorisé que le foot ball.

mardi 2 mars 2010

n° 605 : Elizabeth the Great

Elizabeth the Great ++I (N°14 465)

Le 28 février 2010, j'ai fini de lire le livre d'Elizabeth JENKINS, Elizabeth the Great, Phoenix, 2000, 1ère édition, Victor Gollancz, 1958.

Ce que j'ai aimé :

1°) Le livre permet de retrouver un personnage fascinant de l'Histoire Elizabeth reine d'Angleterre de 1558 à 1603.

2°) L'ouvrage est intéressant car il permet de comprendre comment Elizabeth a été finalement choisi pour succéder à sa soeur Marie Tudor dont pourtant les options politiques et religieuses étaient radicalement différentes. Cela explique aussi qu'Elizabeth ait été sacré suivant un rite catholique et par la suite elle a continué à pratiquer le toucher des personnes atteints par la maladie des écrouelles (une forme d'éczéma) que les rois d'Angleterre (tout comme les rois de France) avait la réputation de pouvoir guérir miraculeusement.

3°) L'ouvrage permet de se rendre compte combien cette femme avait des faiblesses (par exemple parfois un réel problème à se décider comme par exemple pour l'éxécution de Marie Stuart) mais comment elle savait prendre sur elle-même le poids des responsabilités. Au moment de la tentative d'invasion espagnole ("L'invincible Armada" de 1588), elle a déclaré "I know I have the body of a weak feeble woman but I have the heart and the stomach of a king, and a king of England too, and think fool scorn that Parma or Spain or any prince in Europe should dare to invade the borders of MY kingdom". En décembre 1588, elle a déclaté à la foule de Londres "You may well have a greater Prince but you shall never have a more loving Prince [than I]"

4° La reine Elizabeth a été une reine incroyablement fidèle à ses serviteurs. Tout d'abord, Robert Dudley, comte de Leicester son amant quasi-officiel jusqu'à la mort de celui-ci en 1588, mais aussi son principal ministre William Cecil, Baron Burleigh qui a été son principal ministre de 1558 jusqu'à sa mort en 1598 (il avait 78 ans). Contrairement à son père Henry VIII, Elizabeth n'était pas une caractérielle qui envoyait ses fidèles à la trappe quand ils lui déplaisaient (Elle a même pardonné à Leicester d'avoir eu des maîtresses et même une femme).

Ce que j'ai moins aimé :

1°) Le livre est un peu vieillot (l'édition originale date de 1958). On se noie dans les détails qui conduisent finalement à l'exécution de Marie Stuart en 1588.

2°) Il maque des informations toute simple comme la date de naissance d'Elizabeth Ière (le 7 septembre 1533).

3°) Dans ce livre, il n'y a pas un seul mot sur l'intérêt qu'Elizabeth portait aux grands auteurs de son époque : Marlowe et Shakespeare (le nom de ce dernier n'est pas prononcé une seule fois !).

lundi 1 mars 2010

n° 604 : EMPIRE How Britain made the Modern World

Empire, How Britain made the Modern World +++I (N°14 464)

Le 25 février 2010, j'ai fini de lire le livre de Niall FERGUSON, Empire, how Britain made the Modern World, Penguin Books 2004, 1ère édition, Allen, 2003

Ce que j'ai aimé :

1°) C'est un livre vendu comme un Best Seller dans les librairies de gare en Grande Bretagne. Son contenu est cependant très satisfaisant. On est très loin des nullités abolues du genre le Montespan de M. Teulé. Il semble que les Anglais s'intéressent davantage à leur Histoire que les Français.

2°) L'auteur donne des chiffres précis sur la traite des noirs. Il estime que du XVIe siècle jusqu'à 1850, 10 millions d'Africains ont traversé l'Océan Atlantique dont 3 millions sur des bateaux Britanniques (page XII). Environ 1 esclave sur 7 mourait pendant le transport (page 78).

3°) A propos de l'émigration britannique, l'auteur parle de Völkerwanderung (un vaste mouvement de population). (page XXV) De 1600 jusqu'aux années 1950, plus de 20 millions de personnes sont partis des Îles Britanniques (page 53). Entre 1900 et 1914, encore 2,5 millions de Britanniques ont émigré. (page 255).

4°) Page 13, on apprend que les Britanniques ont été des consommateurs précodes de sucre : dans les années 1820, ils en consommaient 10 fois plus que les Français.

5°) Page 51 : l'auteur explique ainsi la suprématie coloniale britannique au XIXe siècle : "they had robbed the Spaniards, copied the Dutch, beaten the French and plundered the Indians".

6°) J'ai tout découvert sur John Smith le 1er anglais qui dans les années 1580 a établi les premières communautés britanniques en Amérique du Nord.

7°) Page 69 : 2/3 des Européens qui ont émigré entre 1650 et 1780 le faisaient dans le cadre d'un contrat "d'indenture" : ils devaient un travail forcé pendant une durée déterminée en échange de leur transport par bateau. Au XVIIIe siècle, 3/4 des émigrants britanniques étaient Ecossais ou Irlandais. (page 71)

8°) A la Jamaïque, le gouvernement britannique a signé le 1er traité de paix avec des descendants d'esclaves noirs en 1739 : les "Maroons"... après cela ces derniers ne se sont plus révoltés et eux aussi ont acheté des esclaves !
9°) On apprend qu
e le fils de Benjamin Franklin, William Franklin gouverneur du New Jersey est resté fidèle à la couronne anglaise et qu'il a préféré partir au Canada (page 95) plutôt que de rester aux Etats Unis... Ah le brave homme ! 100 000 loyalistes ont fait comme lui et ont quitté lé territoire US (page 100).

10°) Le 1er Etat a avoir aboli l'esclavage est la Pennsylavnie en 1780. En 1788, le Parlement de Londres a voté la 1ère loi qui prévoyait des règles pour le transport des esclaves. Le commerce d'esclave a été interdit par ce même Parlement en 1807 et l'esclavage supprimé sur tout les territoires britanniques en 1833.

11°) Le 15 juillet 1871, Livingstone a assisté au massacre de 400 noirs par des commerçants d'esclaves arabes à Nyangwe (en Afrique centrale). J'espère vivement que les pays arabes se sentent eux aussi tenus à un devoir de repentance...

12°) Le 1er câble de télégraphe sous la Manche a été posé en 1851. Le 1er câble entre l'Irlande et l'Amérique a fini d'être posé le 27 juillet 1866.

13°) J'ignorais tout jusque là de l'expédition contre le négus d'Ethiopie en 1867. Celui-ci s'est suicidé suite à l'invasion d'un corps expéditionnaire qui était venu sauvé des otages britanniques.

14°) Je conseille la lecture des questions de l'épreuve de culture générale pour l'entrée dans l'ICS (Indian Civil Service). Notamment le point 1 "Describe the various circumstances of situation which give birth to the pleasurable sentiment of Power" et le point 7 " state the arguments for  and against Utility , considered as (1) the actual and (2) the proper, basis of morals"... (page 186)

15°) En Inde, les Britanniques ne représentaient pas plus de 0,05% de la population !

16°) page 266, on en apprend de belles sur Lord Kitchener...

17°) Les camps de concentration ont été inventé à Cuba par les Espagnols en 1896. La tactique (qui consiste à parquer la population civile) a été reprise par les Britanniques pendant la guerre des Boers : en 1902, 14,5% de la population est morte en camp (27 900 personnes). Il y a aussi 14 000 noirs qui sont morts (dont 81% d'enfants).

18°) On apprend que dès 1892, Winston Churchill avait prophétisé qu'il sauverait Londres d'une invasion (page 295).

19°) Je n'avais jamais entendu parler de l'exposition coloniale de Londres de 1924... son succès est semblable à celui connu en France par celle de 1931 (page 318).

20°) L'auteur conclut en affirmant que les Britanniques ont préféré renoncer à leur Empire colonial (en s'alliant avec les Etats Unis de Roosevelt) plutôt que de pactiser avec le diable : l'Allemagne nazie. "Did not that sacrifice alone expurge all the Empire's other sins ?".

21°) L'auteur remarque qu'en 1955 l'écart entre le PNB par habitant dui Royaume Uni et de la Zambie était de 1 à 7 alors que maintenant il est de 28 ! La décolonisation a creusé les écarts... (page 368).

Ce que j'ai moins aimé  :

1°) L'auteur tombe parfois un peu trop dans le "Les Britanniques, c'est nous les meilleurs"... avec cette tendance amusante mais un peu trop répétitive à systématiquement dénigrer les autres et notamment l'oeuvre coloniale française...

jeudi 25 février 2010

n° 603 : Journal du siège de Paris, un livre à lire !



Journal du siège de Paris Septembre 1870-Janvier 1871 ++++ (N°14 460)

Le 22 février 2010, j'ai fini de lire le livre de Jacques-Henry PARADIS (c'est un pseudonyme), Journal du siège de Paris, Septembre 1870-janvier 1871, collection TEXTO, éditions Tallandier, 2008, 1ère édition, 1872.

Ce que j'ai aimé :

1°) La démarche de l'auteur qui a rédigé au jour le jour ce journal pour témoigner. Il a voulu rester anonyme car il ne voit pas l'intérêt de la célébrité littéraire. "L'obscurité n'a pas, je crois, un ami plus sincère que moi".(page 19)  Quand on lit la qualité de son style et quand on découvre qu'il a accès à certains lieux on peut de rendre compte qu'il a certainement joué un certain rôle dans les événement.

2°) Son journal est frappé du bon sens d'un bourgeois qui déplore les excès d'une partie de la population, notamment les va-t-en guerre et les jusqu'au boutiste qui font des beaux discours mais ne sont pas particulièrement en 1ère ligne face aux Allemands qui encerclent Paris. (page 72: "La raison doit, sous tous les rapports, condamner ces energumènes qui ne voient la liberté qu'en travers de ruisseaux de larmes et de sang. N'ayant pas le courage de verser le leur, peu leur importe celui qu'on peut répandre")

3°) Je ne savais pas que pendant ce siège, les Parisiens avaient encore grâce aux forts construits en avant de l'enceinte de Thiers la possibilité de se rendre dans la Petite couronne.

4°) Par contre, au de là, c'est le désert : par exemple le 16 septembre 1870 il précise que les villas de Saint-Maur-des-Fossés se vident (page 27).

5°) J'ai appris que les Allemands avaient installé un pont à Port Marly (vers le 21 septembre 1870). (page 43). J'ai habité 26 ans cette petite ville sans jamais avoir entendu parler de cela.

6°) On imagine mal l'opéra garnier encore en travaux transformé en télégraphe, en observatoire et en dépôt de nourriture. (page 45)

7°) Dès le 22 septembre, Bismarck exige le Haut Rhin, le Bas Rhin, une partie de la Moselle mais aussi Soissons ! Le chancelier allemand apparaît comme fort peu sympathique dans ce journal malgré le ton modéré du narrateur.

8°) page 82 : un hommage aux habitants du 4e arrondissement : "Les habitants du IVe arrondissement viennent de fonder un certain nombre de salles réservées aux blessés militaires ; ils en supporteront les frais. Le service médical y est gratuit, et les pharmaciens de l'arrondissement livrent les médicaments au prix de revient. On compte là 750 lits" (page 82 - 27 septembre 1870).

9°) J'ignorais qu'Etienne Arago avait été maire de Paris à partir de septembre 1870. Cette fonction a été supprimée le 14 novembre 1870. A partir de mi-novembre 1870, c'est Jules Ferry qui exerce en tant que maire d'un des 20 arrondissements, la fonction de "délégué à la mairie centrale". L'auteur nous laisse penser que Jules Ferry était fort peu populaire. Il a ce mot remarquable le 13 décembre 1870 quand est annoncé le contrôle de la vente de farine par les autorités "On peut faire un maire de Paris, sans talent, M.Ferry, mais il est impossible de faire une bonne sauce sans farine, souvenez-vous en." (page 269)

10°) Page 179, l'auteur s'insurge contre le fait que le boulevard du Prince-Eugène soit rebaptisé Boulevard Voltaire. Il s'emporte contre le maire du 11e arrondissement qui semble ne pas savoir que le 1er a remporté des victoires sur la Prusse alors que le second a été un ami de Frédéric II de Prusse (page 180).

11°) page 181, on apprend qu'en octobre 1870 la rue du cardinal Fesch a été rebaptisée rue de Châteaudun (dans les pages qui précèdent l'auteur racontre comment cette ville a été rayée de la carte par les armées allemandes).

12°) On apprend que fin octobre 1870, un coup d'Etat pré communard a été mené contre les dirigeants de la République qui n'ont dû leur salut qu'à l'intervention de la Garde Nationale.

13°) page 219, l'auteur cite ce texte fort prémonitoire du général Trochu, gouverneur militaire de Paris et chef du Gouvernement de Défense Nationale " Si nous succombons, nous aurons légué à la Prussse, qui ura remplacé le premier empire dans les fastes sanglants de la conquête et de la violence, avec une oeuvre impossible à réaliser, UN HERITAGE DE MALEDICTIONS ET DE HAINES SOUS LEQUEL ELLE SUCCOMBERA a SON TOUR"... Trochu annonce dès 1870 la chute de Berlin en 1945...

14°) L'auteur à ces très beaux mots quand on rapporte que Guillaume de Prusse est arrivé au château de Versailles. Il s'adresse à Louis XIV avec la phrase suivante : "Ô grand roi, tu sortirais indigné de ton cercueil, si tu étais encore sous les sombres voûte de Saint-Denis !".

15°) Le 13 décembre, à propos d'une réunion des maires d'arrondissement sous la présidence de Jules Ferry : "Dans cette séance, ces messieurs se sont alloués des traitements de 300 francs par mois. Pensent-ils donc que la ville de l'argent en trop. C'est triste ! Triste !

16°) page 309, l'auteur montre cette belle inquiétude à propos du sort des propriétaires au moment où les loyers ne sont plus payés : "Pauvres propriétaies, si le siège allait durer une année !".

17°) A partir du 12 janvier, l'armée prussienne commence le bombardement systématique de Paris. C'est la rive gauche qui est touchée (avec aussi le 4e arrondissement) (page 320).

18°) On apprend qu'en raison de la pénurie de gaz, la 1ère expérience parisienne d'éclairage électrique a eu lieu en janvier 1871 dans la cour du Carrousel.

19°) Le 24 janvier 1871, l'auteur parle d'une offensive militaire qui est allé fort loin vers l'Ouest puisqu'elle est allée jusqu'à atteindre l'île de la Loge à Bougival.

20°) Je ne savais pas que dans la convention d'armistice, l'article 4 prévoyait que le l'Alsace et la Lorraine ne revenait pas à l'Allemagne, celle-ci obtiendrait l'Algérie.

Ce que j'ai moins aimé :

1°) Malgré la petite introduction, l'ouvrage manque d'une chronologie succinte pour resituer les événements car parfois l'auteur parle par "Ouïe dire" et on ne sait pas ce qu'il en est vraiment (par exemple, les déplacements des armées françaises en province).

jeudi 18 février 2010

n° 602 : Opuscules sur l'Histoire

Opuscules sur l'histoire de Kant +++ (N°14 453)

Le 15 février 2010, j'ai fini de lire le livre d'Emmanuel KANT, Opuscules sur l'histoire, Garnier Flammarion, 1990

Ce que j'ai aimé :

1°) C'est un recueil de différents petits essais écrits par Kant entre les années 1780 et 1797. On y retrouve toute la force de la pensée des Lumières.

2°) Kant est un remarquable analyste de la société. Il affirme que les hommes ont besoin d'un maître car individuellement il tend trop à l'égoïsme. Le problème est que le "maître" est lui-même aussi humain..."Or, ce maître, à son tour, est comme lui un animal qui a besoin d'un maître"... "On ne conçoit pas comment il pourrait se procurer pour établir la justice publique un chef juste par lui-même". (page 78)

3°) J'aime beaucoup aussi cette idée qui montre la complexité de la nature humaine : "Le bois dont l'homme est fait est si noueux qu'on ne peut y tailler des poutres bien droites". (page 78).

4°) Kant affirmait qu'un jour pour mettre fin à l'anarchie internationale "Un Etat cosmopolite universel arrivera un jour à s'établir" (page 86)... Cette belle prophétie n'a pas encore été réalisée !

5°) J'ai apprécié ces très belles lignes : "Mais on ne peut certes tenir rigueur à l'homme de témoigner d'une mentalité enfantine, DE CRAINDRE LA MORT SANS AIMER LA VIE ; il a bien du mal, n'importe quel jour de son existence, à goûter une satisfaction passable : et pourtant il souhaiterait prolonger encore cette vie pour recommencer ce calvaire" (page 162)

6°) Kant affirme qu'il faut craindre l'alongement de l'espérance de vie "les vices d'une espèce humaine vivant si longtemps devraient atteindre un tel degré qu'ils ne mériteraient meilleur sort que d'être supprimés de la terre sous un déluge" (page 162).

7°) Kant défend l'unité du genre humain et dénonce les thèses racistes même si pour le faire il a des propos qui aujourd'hui sortis de leur contexte sont politiquement très incorrects "le dégagement d'acide phosphorique (ce qui fait que tous les Nègres sentent cette mauvaise odeur)" (page 60). Cela m'a fait repenser à mon prof d'Histoire Jacques Marseille qui en amphi à la Sorbonne avait la bêtise de prendre des citations de Marx ou de Lénine à propos des "nègres" pour prouver qu'ils étaient racistes. Cela doit aussi convaincre qu'il est inutile de vouloir interdire "Tintin au Congo" au nom du fait que cette B.D. serait "raciste".

8°) Kant a cette très belle idée que le mal dont est capable l'Homme est ce qui fait sa spécifité par rapport à l'animal. On ne peut donc pas affirmer que l'Histoire a un sens positif ou négatif. Ce qui fait la grandeur de l'Homme est qu'il est capable du pire comme du meilleur. Sachant qu'il peut prendre conscience de sa capacité au pire, on peut espérer qu'il va donc dans un sens positif. Cependant, Kant conclut que rien ne peut être dit de définitif. Il réfute à la fois l'idée de l'âge d'ôr dans le passé mais aussi l'idée d'un progrès dans l'Histoire. Il propose donc une réfutation aux philosophies de l'Histoire d'Hegel et Marx avant même qu'elles ne soient formulées.

Ce que j'ai moins aimé :

1°) Le ton un peu narquois et un peu suffisant d'un compte-rendu d'un texte de Herder.

vendredi 12 février 2010

n° 601 : Holmes

Holmes + (N°14 447)

Le 12 février 2010 je suis allé voir Holmes.

Ce que j'ai aimé :

1°) A la base je suis un fan de Conan Doyle. C'est toujours une bonne idée de faire un film consacré à Sherlock Holmes.

Ce que je n'ai pas aimé :

1°) Le film est un gros navet car on ne retrouve en rien l'ambiance victorienne de Doyle. Le film pourrait se passer à l'importe quelle époque.

2°) Il faudrait que les auteurs du film revoient leur géographie de Londres... dans les scènes finales juste après avoir quitté le Parlement de Westminster les protagonistes se retrouvent dans le pont de la Tour (en travaux)... il est situé à l'autre bout de Londres.

Je n'en écrirais pas plus, ce serait une grosse perte de temps !

samedi 6 février 2010

n° 600 : L'Egypte des Mamelouks




L'Egypte des Mamelouks ++ (N°14 441)

Le 4 février 2010, j'ai fini de lire le livre d'André CLOT, L'Egypte des Mamelouks 1250-1517. L'Empire des esclaves, Tempus, 2009, 1ère édition, Perrin, 1995.

Ce que j'ai aimé :

1°) Ce livre permet de mieux connaître l'Egypte à l'époque de notre Moyen Âge.

2°) Je n'avais pas conscience de la pression exercée sur le monde arabo-musulman par les Mongols au XIIIe/ XIVe siècle. Le roi Héthoum Ier d'Arménie s'est allié au Khan Hülegü en 1259-1260 pour mettre à mal la puissance mamelouk sur la Syrie (page 85).

3°) Parmi les sultans ont peu retenir le règne de Baybars Ier (1260-1277) qui a réussi à contenir la puissance mongole. Son tombeau est à Damas. On y trouve une coupole qui est une des plus belles de Syrie.

4°) Les mamelouks ont été victimes de leur refus d'utiliser les armes à feu. Ils sont tombés sous les coups des Ottomans qui au contraire eux étaient des experts de l'artillerie.

5°) j'ignorais que Timour (notre Tamerlan) avait mis à sac Damas en 1401. La ville a subi de nombreuses destructions. Tamerlan est présenté comme un affreux sanguinaire. Il a cependant gardé intact le minaret où d'après la tradition musulmane le Christ doit descendre quand il viendra combattre l'Antéchrist à la fin des Temps.

6°) Le livre m'a rappelé que le Calife (chef religieux des Musulmans) après avoir fui Bagdad s'était réfugié au Caire en 1258. Les califes sont restés au Caire pendant 2 siècles et demi jusqu'à la fin de la domination mamelouke.

7°) J'ignorais que la Grande Peste du milieu du XIVe siècle avait eu des effets qui sont aussi catastrophiques qu'en Europe sur le monde arabo-musulman.

Ce que j'ai moins aimé :
1°) Ce livre est très évenementiel et a un aspect un peu vieillot. Je suis resté un peu sur ma fin car l'ouvrage est un peu confus.