Un bloc notes créé en janvier 2006 à vocation d'abord personnelle. Si cela en intéresse d'autres tant mieux sinon... tant pis !

mardi 5 janvier 2021

n°1264 : Archives du Nord de Marguerite Yourcenar

 

Archives du Nord de Marguerite Yourcenar +++ (n°18 428)

Le 4 janvier 2021, j'ai fini de lire le livre de Marguerite Yourcenar, Archives du Nord, Gallimard, 1977.

Ce que j'ai aimé :

1°) L'approche de Marguerite Yourcenar est intéressante. Elle s'est replongée dans la généalogie familiale et les archives pour écrire ce livre.

2°) Certains témoignages sont vraiment intéressants. Je pense notamment au récit de son grand-père qui a été dans sa jeunesse un des passagers rescapés de l'accident du train entre Versailles et Paris en 1842.

3°) Les dernières pages sont particulièrement intéressantes : dès 1977, Marguerite Yourcenar fait un bilan très sombre "La pullulation de l'humanité dévalorisera l'homme", "Une fausse abondance dissimulant la croissante érosion des ressources", "Des centaines d'espèces animales qui avaient réussi à survivre, depuis la jeunesse du monde, seront en quelques années anéanties pour des motifs de lucre et de brutalité".

Ce que j'ai moins aimé :

1°) On a trop de mal à ce qui relève des informations trouvées dans les archives et ce qui relève de la fiction ou de la reconstitution fantasmée du passé. Cela rend parfois la lecture de l'ouvrage un peu frustrante.

2°) Marguerite Yourcenar décrit dans certains passages des portraits mais il est dommage qu'on ne puisse en voir aucun dans le livre.

dimanche 3 janvier 2021

n°1263 : En cheminant avec Hérodote

 


En cheminant avec Hérodote de Jacques Lacarrière ++I (n°18 426)

Le 27 décembre 2020, j'ai fini de lire le livre de Jacques Lacrrière, En cheminant avec Hérodote, Collection Pluriel, 1ère édition Seghers, 1981

Ce que j'ai aimé :

1°) C'est un ouvrage d'un passionné, Jacques Lacrrière qui propose dans ce livre une relecture des Enquêtes de Hérodote en faisant des commentaires liés à ses propres investigations sur place. Cela permet de savoir ce qu'il reste (enfin ce qu'il restait dans les années 1970) sur place.

2°) Les passages sur l'Empire perse sont très intéressants. Il monte un Hérodote qui n'a pas de préjugé anti-perse et qui se contente de décrire ce qu'il voit ou ce qu'on lui rapporte.

3°) J'ai complètement découvert l'univers des Scythes, les peuples au nord du Danube auxquels je ne m'étais jamais intéressé. 

4°) Lacarrière consacre toute la fin du livre à des récits d'autres voyageurs de l'Antiquité : Perses, Phéniciens, Madédoniens, On se rend compte par exemple que le tour de l'Afrique par le Cap avait été effectué bien avant Vasco de Gama.

Ce que j'ai moins aimé :

1°) Concernant l'Egypte, les commentaires de Jacques Lacarrière sont beaucoup moins précis, or à props de l'Egypte, Hérodote est parfois très très approximatif. 

2°) Quand Lacarrière se lance en fin d'ouvrage dans le commentaire d'autres récits de voyages que ceux de Hérodote, on reste un peu sur sa faim car du coup on a l'impression qu'il se contente de survoler des textes sans prendre le temps de les commenter.


mardi 29 décembre 2020

n°1262 : Le Malentendu


 Le Malentendu - (n°18 421)

Le 20 décembre 2020, j'ai fini de lire la pièce d'Albert Camus, Le malentendu, Livre de Poche, 1970, 1ère édition, Gallimard, 1958

Ce que j'ai peu apprécié :

1°) Cette pièce a été jouée pour la 1ère fois le 24 juin 1944... or l'histoire est tout sauf réjouissante. Une histoire d'auberge qui rappelle 'Auberge rouge. C'est d'une tristesse infinie.

2°) Le thème du fils qui retrouve sa mère a quelque chose qui rappelle Oedipe mais là c'est encore pire puisque la mère tue son fils.

3°) L'histoire rappelle des pièces plus anciennes relatives à l'aspect inéluctable du Destin. Ce n'est pas très novateur. 


lundi 28 décembre 2020

n° 1261 : Caligula d'Albert Camus

 

Caligula de Albert Camus +++I (n°18 420)

Le 20 décembre 2020, j'ai fini relire la pièce d'Albert Camus, Caligula, Editions Livre de Poche, 1970, ère édition Gallimard, 1958.

Ce que j'ai aimé :

1°) J'ai lu cette pièce quand j'étais adolescent et je pense que je n'avais pas tout compris. J'ai eu un grand plaisir à retrouver dans une bibliothèque familial cette édition avec Gérard Philippe en couverture.

2°) La pièce a été jouée pour la 1ère fois en 1945. Ce n'est pas un hasard. Il y a dans cette pièce, toute une réflexion sur la déraison du pouvoir (et pas seulement son exercice par les Nazis). On réalise que la logique de tout pouvoir absolu est une forme de négation de la réalité, de l'Autre et finalement de soi-même. La pièce l'exprime avec une très grande force. A ce sujet, une très intéressante réflexion prononcée par Caligula "Gouverner c'est voler, tout le monde sait ça. Mais il y a la manière. Pour moi je volerai franchement". (Acte I, Scène VIII). Caligula est lui aussi victime de la folie du pouvoir qui le conduit d'ailleurs inéluctablement à sa perte.

3°) Il y aussi avec le personnage de Cherea une volonté de résister à cette folie du pouvoir. "Perdre la vie est peu de chose et j'aurai ce courage quand il le faudra. Mais voir se dissiper le sens de cette vie, disparaître notre raison d'exister, voilà ce qui est insupportable. On ne peut vivre sans raison". (Acte II, Scène II).

Ce que j'ai moins aimé :

1°) Cette pièce contient des passages qui sont très violents psychologiquement.

 

vendredi 11 décembre 2020

n°1260 : Le naufrage des civilisations

 

Le Naufrage des Civilisations +I (n° 18 403)

Le 10 décembre 2020, j'ai fini de lire le livre de Amin Maalouf, Le naufrage des civilisations, Livre  de poche 2020, 1ère édition, Grasset, 2019.

Ce que j'ai aimé :

1°) C'est un livre très bien écrit comme tous les livres d'Amin Maalouf (dont j'ai lu de très nombreux ouvrages). 

2°) Ce livre est très intéressant pour mieux connaitre l'Histoire de l’Égypte et du Liban depuis 1950.

3°) L'ouvrage insiste de manière très intéressante sur les basculements de l'année 1979 que l'auteur présente comme une période charnière.

Ce que j'ai moins aimé:

1°) C'est un livre déprimant. Si vous voulez achever de déprimer en 2020 et éventuellement vous suicider avant le 31 décembre 2020, il faut lire ce livre : monter des conservatismes, repli identitaire, vague de terrorisme, monde surveillé avec un risque d'état totalitaire.

FLINGANT :

dimanche 6 décembre 2020

n° 1259 : Seuls les vivants créent le monde

 

Seuls les vivants créent le monde de Stefan Zweig +++ (n°18398)

Le 1er décembre 2020, j'ai fini de lire le livre de Stefan Zweig, Seuls les vivants créent le monde, 1ère édition Robert Laffont 2018, réédition 2020.

Ce  que j'ai aimé :

1°) Stefan Zweig est un penseur et un écrivain que j'ai toujours beaucoup de plaisir à retrouver. Il s'agit ici d'un recueil d'articles de presse écrits entre 1914 et 1918 qui permet de mieux comprendre son approche de la Grande Guerre (en contrepoint de l'excellente autobiographie qu'il a écrit juste avant de se suicider "Le monde d'hier" [Voir mon article du 8 novembre 2014]).

2°) Il y a deux articles très intéressants sur la situation de la Pologne et en particulier des Juifs de Pologne qui ont particulièrement souffert des offensives russes.

3°) Ce recueil permet de voir que même un grand penseur comme Zweig s'est laissé emporter par la vague nationaliste avec des articles écrits en 1914 qui justifient les destructions commises par l'Allemagne.

Ce que j'ai moins aimé :

1°) J'ai énormément d'admiration pour Zweig et cet ouvrage permet de comprendre qu'il a lui aussi suivi la tendance générale et même parfois de façon excessive. En septembre 1914, il écrit à ses amis des pays ennemis qu'ils ne sont plus ses amis (avec un lyrisme que l'on peut trouver un peu choquant). De même à l'été 1918, son éloge du défaitisme a aussi quelque chose d'excessif. 

2°) On se rend compte qu'en 1914, il y a sous la plume de Sefan Zweig des écrits que l'on pourrait croire écrite 10 ans plus tard par Hitler dans Mein Kampf "Une nation ne doit pas hésiter, de toute la force de sa volonté, à en haïr une autre, aussi longtemps que celle-ci menace son existence" et "Une nation, son unité, sont aussi des oeuvres d'art, qui portent en leur giron des forces infinies, et aucun tableau, aucune musique, n'est capable d'autant soulever nos coeurs, que le spectable de ce pays à l'heure où culmine sa beauté" (le tout pour justifier la destruction d'oeuvres d'art en Belgique).

lundi 30 novembre 2020

n°1258 : Le retour de Madame Neandertal de Pascal Picq

 

Le Retour de Mme Néandertal de Pascal Picq +I (n° 18 392)

Le 27 novembre 2020, j'ai fini de lire le livre de Pascal Picq, Le retour de Madame Neandertal, Odile Jacob 2015, réédition Odile Jacob Poches, 2020

Ce que je n'ai pas aimé :

1°) Cet ouvrage est divisé en deux parties. La 1ère partie concerne le discours qu'une femme de Neandertal porté en GPA -grâce à l'ADN retrouvée d'une femme de Neandertal- pourrait prononcer à la tribune de l'UNESCO sur le même principe que les Lettres persanes : un regard extérieur sur notre monde actuel. J'ai trouvé cela assez poussif et plein de bons sentiments qui concernent un peu tous les domaines sans véritablement être intéressant. Depuis que le livre a été écrit on a fait beaucoup mieux, on a eu Greta Thunberg à la tribune de l'ONU.

2°) La 2e partie pourrait être plus intéressant. En effet, l'auteur s'intéresse à une approche plus scientifique. On y trouve par exemple toutes les découvertes scientifiques de l'année 2013 notamment en ce qui concerne les origines de l'Homme. Le problème c'est qu'on est en 2020 et qu'en 7 ans les connaissances ont encore beaucoup évolué.

3°) Il y a des pages et des pages sur tous les scientifiques russes de la 2e partie du XIXe siècle et du début du XXe siècle qui se sont intéressés aux origines de l'Homme. Au départ cette partie est vraiment intéressante mais on finit par s'y perdre tant il y a une profusion de détails et de scientifiques russes. On y retrouve même des faux frères Bogdanov.

4°) Il y a une malheureuse carte une croquis qui ne sont pas digne d'un ouvrage scientifique.

Ce que j'ai apprécié tout de même :

1°) Cet ouvrage continue de montrer l'intérêt important que suscite la question de l'Homme (et de la Femme) de Neandertal et de l'apport génétique mais aussi cognitif qu'il a pu avoir sur l'évolution de l'Homme moderne.

2°) Ce livre est très intéressant car il montre combien le Darwinisme a été largement (et précocement) répandu dans la communauté scientifique russe dès la 2e moitié du XIXe siècle.

3°) On apprend les nombreuses expériences menées dans la Première partie du XXe siècle pour essayer de créer des êtres hybrides entre les Humains et les Grands singes. Il y a des passages assez étonnants.


dimanche 22 novembre 2020

n°1257 : Le lance-pierres d'Ernst JÜNGER

 


Le Lance-Pierres d'Ernst JÜNGER +++ (n° 18 383)

Le 21 novembre 2020, j'ai fini de lire le libre d'Ernst JÜNGER, Le lance-pierres, Folio, 1976, édition originale, 1ère édition en français, Gallimard, 1974, édition originale en allemand, Die Zwille, 1973.

Ce que j'ai aimé :

1°) J'aime beaucoup l'univers d'Ernst JÜNGER. Il s'agit ici d'un roman sur le monde de l'adolescence écrit alors qu'il avait 78 ans. Jünger nous replonge dans l'Allemagne d'avant 1914. Un monde dans lequel l'ordre et la hiérarchie étaient essentiels.

2°) Il y a plusieurs personnages que j'ai trouvé attirant par leur côté dérangeant : le personnage principal, Clamor, qui est un benet qui ne comprend pas tout et qui est le contraire d'un autre ado du roman : Théo qui est vraiment très étrange : un manipulateur qui contrôle tout et qui par exemple fait des filatures des habitants pour pouvoir les faire chanter.

3°) Autre personnage très dérangeant : le pasteur (père de Théo) qui accepte que sa femme se soit fait la malle avec son assistant et son fils Théo (qui du coup le méprise).

4°) Il y a aussi des passages dérangeants sur les rapports professeurs/ élèves par exemple le sentiment de haine que le professeur de maths, Hilpert, éprouve pour Clamor. C'est écrit de manière froide mais d'une précision impressionnante (voir le passage que je reproduis ci-dessous).

Ce que j'ai moins aimé :

1°) Le côté benêt de Clamor est parfois un peu insupportable.



lundi 16 novembre 2020

n°1256 : Exposition De Chirico au Musée du Jeu de Paume

 

Exposition De Chirico au Musée du Jeu de Paume ++ (n°18 378)

Le 23 octobre 2020, je suis allé voir l'exposition de Chirico au Musée du Jeu de Paume 

Ce que je n'ai pas aimé :

1°) L'exposition présente des oeuvres d'avant 1920 de ce peintre. Je me suis rendu compte que ce n'était pas DU TOUT ma période préférée (notamment quand je suis retourné après au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris où on peut voir des oeuvres que j'ai vraiment davantage apprécié).

Ce que j'ai quand même aimé :

1°) L'exposition retrace très bien le parcours du peintre qui était à Paris en 1914 mais qui par la suite, quand l'Italie est entrée en guerre en 1915, est partie combattre pour son pays ce qui lui a provoqué des troubles psychologiques.

2°) Parmi les peintres proches de de Chiricho il y a un peintre dont j'ai énormément aimé une peinture : Alberto Magnelli, L'Homme au chapeau.



dimanche 8 novembre 2020

n°1255 : Pourquoi la Grèce de Jacqueline de Romilly

Pourquoi la Grèce ? +++I (n° 13 870)

Le 7 novembre 2020, j'ai fini de lire le livre de Jacqueline de Romilly, Pourquoi la Grèce ?, Livre de poche, 1ère édition De Fallois, 1992.

Ce que j'ai aimé :

1°) Cet ouvrage historique a une dimension toute particulière car il s'agit pour une universitaire d'expliquer pourquoi elle s'est passionnée pour la Grèce antique et plus particulièrement Athènes au Ve siècle avant J.-C.

2°) Jacqueline de Romilly insiste sur ce qui fait la particularité de la Grèce : la dimension universaliste des savoirs pour tout ce qui tient à la connaissance de l'Homme.

3°) Jacqueline de Romilly montre que tout est lié : Mythe, tragédie, comédie, Histoire, philosophie, médecine. A chaque fois c'est le questionnement, le débat et une forme d'ouverture d'esprit qui sont mis en avant. Il n'y a pas un camp du bien et un camp du mal.

4°) A l'heure où certains contestent notre modèle républicain et démocratique, j'ai été sensible à cet extrait tiré du Criton de Platon dans lequel ce sont les lois d'Athènes qui parlent "Tout Athénien qui le veut, après avoir été mis en possession de ses droits civiques, après qu'il a pris connaissance de la vie publique et de nous, les lois, peut, si nous ne lui plaisons pas, sortir d'Athènes, emporter ce qui est à lui où il voudra. Aucune loi n'y fait obstacle. Aucune n'interdit à qui de vous veut , par ce qu'il s'accommode mal de nous de et l'Etat, de s'établir à l'étranger, d'aller au loin ou il lui plaît, avec ce qui est à lui. Mais, si quelqu'un de vous reste ici, où il peut voir comment nous rendons la justice, comment nous administrons l'Etat, alors nous prétendons que celui-là a pris en fait l'engagement d'obéir à nos commandements ; et nous affirmons que, s'il ne le fait pas, il est coupable triplement, parce qu'il se révolte contre nous, les auteurs de ses jours, contre nous qui l'avons élevé, et que, s'étant engagé à l'obéissance, il ne nous obéit pas, sans chercher non plus à nous corriger, par la persuasion, si peut-être nous avons tort". (page 116)

 5°)  Il y a un chapitre très court sur la comédie mais il est très intéressant. Il montre la capacité des Grecs à se moquer d'eux-mêmes et de leurs dirigeants et Jacqueline de Romilly affirme en évoquant Aristophane "N'est ce pas justement le propre de l'esprit démocratique que de pouvoir critiquer, se moquer, protester ?".

6°) J'ai tellement été enthousiasmé par les pages concernant Thucydide que je suis allé courir acheter La Guerre du Péloponnèse en version poche le dernier jour avant la fermeture des librairies.

7°) Jacqueline de Romilly explique très bien la spécificité des Tragédies grecques avec l'importance des Choeurs (ce qui je l'avoue m'avait complèment échappé).

 Ce que j'ai moins aimé :

1°) Certains passages sont un peu ardus car Jacqueline de Romilly passe sans cesse d'un auteur à l'autre, notamment lorsqu'elle parle des auteurs de Tragédie. Quand on  n'est pas un spécialiste on y perd un peu son grec.