Un bloc notes créé en janvier 2006 à vocation d'abord personnelle. Si cela en intéresse d'autres tant mieux sinon... tant pis !

dimanche 3 mai 2026

n°1453 : L'Esprit de sel

 

L'esprit de sel +++ (n°20 370)

Le 5 avril 2026, j'ai fini de lire le livre de Guillaume VIRY, L'Esprit de sel,  Editions du Canoë, 2025.

Ce que j'ai aimé :

1°) J'ai découvert ce livre complètement par hasard en écrivant un article sur Ita Zitenfeld, la première victime de la rafle du Vel d'hiv (voir article paru le 8 avril 2026). Guillaume Viry, tout comme moi-même, a été interpelé par ce que Laurent JOLY évoque à propos de cette femme qui habitait au 35, rue des Rosiers (Paris 4e) et qui a préféré mettre fin à ses jours plutôt que de risquer d'être arrêtée par la police française. Malgré les réserves que l'on peut lire plus bas dans cet article, j'ai été très touché par le fait qu'un écrivain consacre un ouvrage à cette femme oubliée.

2°) Guillaume Viry dans une langue très poétique essaie de retracer la destinée d'Ita Zitenfeld depuis la Pologne où elle avait vécu jusqu'au milieu des années 1930. Je trouve toujours impressionnant la capacité des romanciers à imaginer des parcours de vie.

3°) J'ai particulièrement apprécié le passage, page 91, dans lequel est évoquée le 35, rue des Rosiers et le fait que depuis le 4e étage, Ita Zitenfeld ne pouvait pas voir la rue. 

Ce que j'ai moins aimé :

1°) Je ne suis pas complètement sensible à la poésie. J'aurais certainement préféré un récit plus classique.

2°) Pour ma part, je continue à me demander ce qu'Ita Zitenfeld a bien pu vivre et penser pendant la première partie de sa vie en Pologne. Comme je l'explique dans mon article de L'Indépendant du Cœur de Paris, elle était née en 1889. Elle avait donc 25 ans en 1914. Née en territoire dominée par la Russie mais tout près de la frontière avec l'Allemagne, elle est passée sous occupation allemande en 1915. Elle avait près de 45 ans, donc déjà une certaine expérience de la vie quand elle a décidé de quitter la Pologne en 1935. Le livre de Guillaume Viry en évoquant un amour déçu, passe à côté de cet aspect du destin d'Ita Zitenfeld. 

vendredi 1 mai 2026

n°1452 : Vivaldi et moi

 

Vivaldi et moi +++ (n°20 368)

Le 1er mai 2026, je suis allé voir le film "Vivaldi et moi".

Ce que j'ai aimé :

1°) Ce film redonne envie d'écouter la musique de Vivaldi et notamment l'oratorio "Juditha triumphans".

2°) Ce film est très intéressant sur la condition des femmes dans la société du XVIIIe siècle. Vivaldi travaillait pour l'Ospedale della pieta qui recueillait des orphelines qui étaient elevées pour faire de la musique et qui étaient préparées à devenir des membres de l'aristocratie vénitienne.

3°) J'ai bien aimé les acteurs : Tecla insolia qui joue Cecilia, Michele Rondino qui est très bien en Antonio Vivaldi et Fabrizia Sacchi est très bien mère supérieure.

Ce que j'ai moins aimé :

1°) On ne voit pas assez la ville de Venise. C'est assez frustrant.

2°) Le titre en français "Vivaldi et moi" n'est pas génial alors qu'en italien "Primavera" est beaucoup mieux. 

 

dimanche 19 avril 2026

n°1451 : Les démons de l'inspecteur Lerouet

  

Les démons de l'inspecteur Lerouet +I (n°20 356)

Le 15 avril 2026, j'ai fini de lire le livre de Philippe GRANDCOING, Les démons de l'inspecteur Lerouet, Vents d'histoire, 2025, 1ère édition Centre France SAS, 2024

Ce que j'ai aimé :

1°) J'ai toujours un grand plaisir à retrouver le personnage d'Hippolyte Salvignac. Il s'agit du 7e volume de ses enquêtes. Je suis toujours content de le voir résider rue Vieille-du-Temple dans le 4e arrondissement. Surtout que l'auteur a enfin compris qu'au sud de cette rue, on se trouve non pas rue du Faubourg Saint-Antoine mais rue de Rivoli.

2°) L'action se passe en 1912, en plein pendant la série de crimes perpétrés par la bande à Bonnot. Il est intéressant de se replonger dans l'ambiance de terreur de ce début d'année.

Ce que j'ai moins aimé :

1°) Cette enquête n'a aucun rapport avec le marché de l'art ou la vie politique de l'époque. On ne voit pas pointer la moustache de Clemenceau.

2°) Je trouve vraiment très triste d'avoir fait disparaître en début de ce 7e volume le personnage de Madeleine que je trouvais attachant.

3°) Le dénouement n'a rien de très palpitant. 

 

samedi 18 avril 2026

n°1450 : La chouette a sept jours pour sauver le monde

 

La chouette a sept jours pour sauver le monde +I (n°20 355)

Le 23 mars 2026, j'ai fini de livre le livre de Mabrouck RACHEDI, La chouette a sept jours pour sauver le monde, Actes Sud, 2026

Ce que j'ai aimé :

1°) Le livre commence par nous replonger dans un fait divers que j'ignorais totalement : l'attentat anarchiste contre le roi Alphonse XIII, le 31 mai 1905, rue de Rohan.

2°) Il y a dans le roman des personnages que j'ai particulièrement apprécié, par exemple, la scientifique Jennifer Martinelli.

3°) Le roman reprend un thème déjà vu : l'arrivée dans un temps inconnu. Ici un homme de la Belle époque qui se retrouve dans le Paris du début du XXIe siècle.

Ce que j'ai moins aimé :

1°) Je n'ai pas accroché au style de l'auteur, notamment les dialogues.

2°) L'auteur a une certaine méconnaissance de Paris. Placer l'Hôtel-Dieu sur l'île Saint-Louis c'est le genre de détail qui a vraiment l'art de me déplaire.

3°) La lecture donne le tournis. On passe sans arrêt d'une époque à l'autre, d'un lieu à l'autre. Il n'y a que vers la fin que le rythme s'assagit et que cela devient plus cohérent.

4°) Je n'ai pas du tout aimé le dénouement...  mais je n'en dirai pas plus car l'intérêt de ce roman c'est le suspens sur lequel il repose.

jeudi 16 avril 2026

n°1449 : Les Jésuites. Histoire de pouvoirs

 

Les Jésuites. Histoire de pouvoirs ++I (n°20 352)

Le 4 mars 2026, j'ai fini de lire le livre d'Alain WOODROW, Les jésuites, Histoire de pouvoirs, Pluriel, 1991, édition originale, Lattès 1984.

Ce que j'ai aimé :

1°) C'est un livre qui permet de comprendre combien l'ordre des Jésuites, dès sa fondation au XVIe siècle, a eu une histoire compliquée.

2°) J'ai enfin compris pourquoi l'ordre des Jésuites avait été interdit dans de nombreuses monarchies catholiques d'Europe au XVIIIe siècle. Pour la France, il s'agit d'un scandale financier à la Martinique dont je n'avais jamais entendu parlé.

3°) L'auteur évoque très clairement les liens entre les Jésuites et les théologies de la libération en vogue dans les années 1960/1970 et les démêlés consécutifs avec le pape Jean-Paul II au début des années 1980 (notamment avec Pedro Aruppe,supérieur général de la compagnie de Jésus de 1965 à 1983.

Ce que j'ai moins aimé :

1°) Ce livre ne s'attarde pas assez sur la période de la toute puissance des Jésuites, en France sous Louis XIII et Louis XIV. 

samedi 14 mars 2026

n°1448 : Le pouvoir au féminin

 

Le pouvoir au féminin ++I (n°20 310)

Le 1er mars 2026, j'ai fini de lire de livre d'Elisabeth BADINTER, Le pouvoir au féminin, Flammarion, 2016.

Ce que j'ai aimé :

1°) J'ai une certaine admiration pour Marie-Thérèse d'Autriche qui a été une grande femme d'Etat et a joué un rôle prépondérant dans l'Europe du XVIIIe siècle.

2°) Elisabeth Badinter insiste sur la féminité et le rôle de mère de Marie-Thérèse, ce qui n'est pas inintéressant.

3°) Le livre est agréable à lire.

Ce que j'ai moins aimé :

1°) Je n'ai pas eu l'impression qu'Elisabeth Badinter apprenne grand chose aux lecteurs qui connaissent un peu le sujet et la période. 

samedi 7 mars 2026

n°1447 : La rafle du Vel d'Hiv

 

La rafle du Vel d'Hiv ++++ (n°20 303)

Le 2 février 2026, j'ai fini de lire le livre de Laurent JOLY, La rafle du Vel d'Hiv, Champ Histoire, 2023, Edition originale, Grasset, 2022.

Ce que j'ai aimé :

1°) C'est un ouvrage précis et documenté avec des sources et des références précises.

2°) Le livre permet de suivre le destin tragique de personnes qui en différents endroits du département de la Seine ont subi l'horreur de la rafle.

3°) L'ouvrage montre de manière très précise comment c'est la police française (et notamment la police municipale de Paris) qui se sont intégralement chargés des arrestations appliquées les 16 et 17 juillet 1942.

4°) Il est intéressant de noter qu'en mai 1940, le Vel d'Hiv avait servi de lieu d'internement pour les Allemands résidents à Paris.

5°) Je ne savais pas que les bureaux de bienfaisance parisiens avaient réussi jusqu'à la fin de la guerre à attribuer des aides pour toutes les personnes, y compris les Juifs, qui étaient dans le besoin car des membres de leur famille étaient internés.  "Les bureaux de bienfaisance parisiens sont restés hermétiques à la logique de la traque antisémite".

6°) On se rend compte de l'importance qu'ont pu jouer les commissaires d'arrondissement. Par exemple dans le 2e arrondissement Roger Jehann est passé la veille de la rafle passer dans les familles juives pour les prévenir et les inciter à quitter leur domicile. Au contraire, les commissaires de certains arrondissements ont demandé à leurs fonctionnaires de faire du zèle  et les  ont autorisé à défoncer les portes des appartements (ce qui n'était pas initialement prévu).

7°) L'auteur montre que la rafle est en partie un échec puisque sur le nombre total de personnes juives qui devaient être arrêtées dans le département de la Seine, le taux d'arrestation n'ait "que" de 30 à 35% (avec de fortes variations d'un arrondissement et d'une commune à l'autre).

Ce que j'ai moins aimé :

1°) J'ai eu beaucoup de mal à m'endormir pendant toute la période pendant laquelle j'ai lu ce livre. 

vendredi 27 février 2026

n°1446 : La Villa Médicis à Rome

 

La Villa Médicis à Rome +++I (n°20 295)

Il aura fallu attendre mon 4e séjour à Rome, pour que je me dise qu'il était inconcevable de ne pas avoir visité la Villa Médicis à Rome. C'est ce que j'ai donc pu faire pour la 1ère fois le 22 février 2026.

Ce que j'ai aimé :

1°) Le site est superbe. Les jardins sont très agréable et on a une superbe vue sur Rome.

2°) La façade côté jardin est impressionnante avec des vestiges prélevés sur différents sites antiques, notamment l'Aria Pacis d'Auguste.

3°) Les Français peuvent se sentir un peu "à la maison" puisque la Villa accueille l'école française de Rome.

4°) Dans les jardins, on peut visiter le superbe décor de la stanza degli Ucelli, créée pour Ferdinand de Médicis dans les années 1570/1580. Une sorte de petit pavillon à l'écart avec de splendides fresques. Une petite merveille.

Ce que j'ai moins aimé :

1°) A l'intérieur de la villa elle-même, les trois salles que l'on peut voir sont beaucoup moins enthousiasmantes.

2°) J'ai suivi une visite (en anglais). Je crois que je n'avais jamais vu une guide aussi peu enthousiasmée par ce qu'elle présentait au public avec un air incroyablement blasé.

 



Stanza degli Ucelli du pavillon de Ferdinand de Mécis



mardi 24 février 2026

n°1445 : Exposition "Bernini e Barberini" au Museo Barberini de Rome

 

Exposition Bernini e Barberini ++++ (n°20 292)

Le 22 février 2026, je suis allé voir l'exposition "Bernini e Barberini" au musée Bernini à Rome.

Ce que j'ai aimé :

1°) L'exposition montre bien combien l'élection du pape Urbain VIII Barberini en 1623 a été une chance pour Gian-Lorenzo Bernini qui n'avait alors que 25 ans mais a bénéficié de la faveur du nouveau pape.

2°) L'exposition montre bien aussi à quel point Gian-Lorenzo a surpassé son père, Pietro Barberini (1562-1629) avec lequel il a collaboré dans un premier temps.

3°) L'exposition évoque aussi le scandale de 1638 quand Gian-Lorenzo se retrouve en prison après avoir tenté d'assassiner son frère qui avait eu les faveurs de sa maîtresse.

4°) On peut voir plusieurs oeuvres qui viennent de France, notamment un saint Sébastien qui se trouve à l'église de Jouy-en-Josas dans les Yvelines.

5°) On peut voir les esquisses du superbe baldaquin de Saint-Pierre de Rome.

6°) On peut voir une assez amusante profusion de bustes du pape Urbain VIII Barberini.

 Ce que j'ai moins aimé :

1°) L'exposition ne comporte que six salles. Je m'attendais à voir beaucoup plus d’œuvres. Ce n'est pas du tout une rétrospective de l'oeuvre du Bernin mais elle est vraiment centrée - comme son titre l'indique - sur la période du pontificat d'Urbain VIII.

Pietro Bernini, Enfant avec un dragon, 1617 (Getty Museum, Los Angeles)

 
Pietro Bernini et Gian-Lorenzo Bernini, Les quatre saisons, 1619-1620, Collection privée.

Gian-Lorenzo Bernini, Saint Laiuent, 1616-1617, Galerie des Offices, Florence (avec à l'arrière-plan deux Saint Sébastien).

Trois des bustes du pape Urbain VIII présentés à l'exposition.

Gian-Lorenzo Bernini, Buste de Thomas Baker, 1637-1638, Victoria and Albert Museum, Londres.

Gian-Lorenzo Bernini, Auto-portrait en jeune homme, vers 1623, Galerie Borghese, Rome.


jeudi 19 février 2026

n°1444 : Nuremberg

 

Nuremberg +++ (n°20 287)

Le 19 février 2026, je suis allé voir le film Nuremberg.

Ce que j'ai aimé :

1°) C'est un film très intéressant pour comprendre le contexte historique et juridique du procès de Nuremberg lors duquel les hauts dirigeants nazis ont été jugés à la fin de la 2nde guerre mondiale.

2°) Russel Crowe est très bien dans le rôle de Goering.

3°) Historiquement le film tient bien la route. La scène dans les ruines du site où les membres du parti nazi se réunissaient pour leur congrès annuel est très réussie.

4°) Lors du procès, certaines images d'archives permettent d'avoir une idée de ce qui s'est produit dans les camps nazis.

5°) Le film nous interpelle car il pose la question relative au fait que le chemin vers le nazisme n'est pas réservé à l'Allemagne. 

Ce que j'ai un peu moins aimé :

1°) J'ai moins accroché avec le personnage du psychiatre interprété par Rami Malek. Il y a quelque chose qui ne fait pas naturel dans ce personnage.

2°) Je ne trouve pas non plus crédible le moment de récit du sergent Howie Triest. Le gars est sensé s'etre réfugié d'Allemagne en 1940 et en 1945 il parle un anglais sans aucun accent allemand. En plus comme il est britannique, il n'a pas trop l'accent américain.  

3°) J'ai eu du mal à avoir de la compassion pour la femme de Göring.