Un bloc notes créé en janvier 2006 à vocation d'abord personnelle. Si cela en intéresse d'autres tant mieux sinon... tant pis !

mercredi 17 janvier 2018

n° 1137 : Les Heures sombres


Les heures sombres ++I (n° 17 343)

Le 17 janvier 2018, je suis allé voir le film "Les heures sombres".

Ce que je n'ai pas aimé :

1°) C'est une personne que je connais bien. Je trouve que ce film manque de finesse. Les personnalités sont très simplifiées (par exemple en ce qui concerne Lord Halifax c'est très très caricatural).

2°) Le film relève parfois de la fable. Churchill prenant le métro en nous faisant croire qu'il a besoin de ça pour se faire une opinion, par exemple.

3°) Je n'ai pas été convaincu par la façon de filmer. On a toujours l'impression d'être dans un film de série B.

4°) Le film ne montre même pas la façon dont Churchill parlait. J'ai les originaux des discours (que j'étudie avec mes élèves), on ne retrouve pas du tout le phrasé zézayant de Churchill.

Ce que j'ai bien aimé :

1°) C'est un film qui montre la personnalité incroyable de Churchill. Sa capacité à incarner la nation britannique dans ses heures les plus sombres en mai/juin 1940.

dimanche 7 janvier 2018

n° 1136 : Three Victories and a Defeat

Three Victories and a Defeat ++++ (n° 17333)

Le 6 janvier 2018, j'ai fini de lire le livre de Brendan SIMMS, Three Victories and a Defeat. The Rise and Fall of the First British Empire, Penguin Books 2008, 1ère édition, Allen Lane, 2007

Ce que j'ai beaucoup apprécié :

1°) C'est un ouvrage qui fourmille de détails sur la vie diplomatique de l'Europe de la fin du XVIe siècle à la fin de la Guerre d'Indépendance des Etats-Unis en 1783. C'est impressionnant de précision, de détail, d'intelligence. L'auteur est enseignant à Peterhouse (Université de Cambridge). Son travail est de très grande qualité

2°) L'ouvrage est rangé en chapitre qui permettent de bien comprendre les évolutions les plus saillantes. C'est importat car il y a sans cesse des rebondissements, des retournements d'alliance, des changements politiques en Grande-Bretagne qui ne peuvent être compris que si on a bien compris les faits qui précèdent

3°) L'auteur montre de façon très pédagogique comment l'opposition entre les Tories et les Whigs étaient en grande partie liée à la politique étrangère : les Whigs se sentaient une responsabilité dans l'équilibre européen alors que les Tories étaient plus "navalistes" et moins enclin à s'embarquer dans les conflits européens.

4°) Toujours selon l'auteur, ce sont les Tories qui sont responsables de la perte de l'Amérique : en négligeant les questions européennes à la fin des années 1760 et au début des années 1770, la Grande-Bretagne a oublié ce qui avait fait sa force (grâce aux Whigs) : les alliances avec des puissances continentales qui pouvaient détourner la France d'un fort engagement naval hors d'Europe.

5°) Le livre permet de prendre conscience de l'importance du fait que le roi d'Angleterre était aussi un souverain européen : c'est le cas de Guillaume III de 1689 à 1702 (il était aussi Stathouder des Provinces Unies) et surtout des rois de Grande-Bretagne qui à partir de 1714 étaient les rois de Hanovre. Il y a eu du coup parfois des imbroglios entre les intérêts de la couronne Britannique et celle de Hanovre (dont le territoire en plein coeur de l'Allemagne était à la portée des armées françaises, autrichiennes ou prussiennes).

6°) L'ouvrage montre aussi combien à partir des années 1710, la Russie est devenue un acteur du jeu européen.

7°) La thèse de l'auteur est aussi qu'après le traité de Paris de 1763, les dirigeants britanniques ont un peu pété un câble et se sont crus plus fort que tout le monde.

8°) L'ouvrage montre aussi comment les colons américains ne sont pas seulement distanciés de la couronne britanniques pour des questions commerciales, mais surtout du fait que la Grande-Bretagne ne souhaitait maintenir une présence militaire forte contre les Indiens et donc elle avait mis en place des dispositions pour contenir l'expansion américaines vers l'Ouest.

9°) Je ne savais pas le lien entre le nom d'un marché aux puces de Londres (Porto Bello market) et celui de la propriété de George Washington (Mont Vernon) : cela est dû au fait qu'en 1739, l'amiral Britannique Vernon a bombardé et détruit la place forte de Porto Bello située au Panama espagnol et que c'est donc considéré comme une grande victoire. Parmi les soldats qui participaient à l'attaque il y avait le frère aîné de George Washigton, Lawrence et c'est lui qui a donné son son nom à la propriété.

10°) J'avais oublié qu'en 1770-1771, il y avait déjà eu une guerre des Malouines. L'Espagne avait pris par surprise cet archipel et espérait le soutien de la France qui finalement n'osa pas défié la Grande-Bretagne après la lourde défaite de la Guerre de Sept ans. La Gande-Bretagne repris les Malouines (les Falklands). En France, un ministre fut victime de cette crise diplomatique : le marquis de Choiseul qui démissionna.

Ce que j'ai moins aimé :

1°) C'est très très complet mais parfois un peu long. Il aurait été bien de prévoir une chronologie finale pour indiquer tous les événements cités.